Cette séance 1 sur Le Parfum des fleurs la nuit s’adresse aux classes de Terminale Bac Pro, dans le cadre de l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». Avant même d’ouvrir le livre de Leïla Slimani, la couverture et le titre livrent déjà des indices précieux. Cette première séance invite les élèves à observer, interroger et formuler des hypothèses avant la lecture.
Le support étudié
La séance s’appuie sur la première et la quatrième de couverture de l’édition Folio (Gallimard, n°7073). La couverture présente un portrait de femme aux cheveux bouclés, dans une teinte sombre et feutrée. Le titre, Le Parfum des fleurs la nuit, associe un élément sensoriel discret, le parfum, à un moment particulier, la nuit.
Ce paratexte pose déjà la question du programme. Un titre aussi sensoriel et nocturne annonce-t-il un texte tourné vers l’introspection et le temps suspendu ?
Les objectifs de la séance
Cette première séance poursuit plusieurs objectifs simples :
- Observer méthodiquement une couverture de livre
- Formuler des hypothèses de lecture à partir du titre et de l’image
- Comprendre la différence entre ce qu’une image montre et ce qu’elle suggère
- Se projeter dans l’univers de l’œuvre avant la lecture intégrale
Phase 1 : découvrir le titre seul (15 minutes)
La séance commence sans montrer l’image. On écrit seulement le titre au tableau : Le Parfum des fleurs la nuit. On demande aux élèves ce que ce titre leur évoque, sans autre indication. Cette entrée par les mots seuls permet de récolter des impressions spontanées avant toute influence visuelle.
Phase 2 : analyse guidée de la couverture (45 minutes)
On projette ensuite la couverture. Les questions sont posées progressivement, du repérage vers l’interprétation :
- Décris précisément ce que tu vois sur la couverture : couleurs, portrait, ambiance générale.
- Le titre te semble-t-il correspondre à cette image ? Justifie ta réponse.
- D’après la quatrième de couverture, de quel type de texte s’agit-il ? Qui en est l’autrice ?
- À partir de ces seuls éléments, quelles hypothèses peux-tu formuler sur le contenu du livre ?
Ces questions amènent les élèves à distinguer ce qui est montré objectivement de ce que l’image suggère plus subtilement.
Phase 3 : le point de langue sur connotation et dénotation
Le point de langue porte ici sur la distinction entre dénotation et connotation. En effet, un titre ou une image peuvent se lire à deux niveaux.
On part d’abord du mot « parfum ». Sa dénotation, son sens premier, désigne une odeur agréable. Sa connotation, le sens suggéré, peut évoquer la mémoire, l’intime, la sensualité. On nomme explicitement ces deux notions, puis on applique la même analyse au mot « nuit ». Ensuite, les élèves cherchent eux-mêmes la connotation d’un autre mot du titre ou de la couverture.
Le fil rouge : entrer dans le style de Leïla Slimani
Cette séance amorce un premier repère de style, avant même la lecture du texte. Le choix d’un titre sensoriel et suggestif, plutôt que descriptif, laisse penser que l’écriture de Slimani privilégiera les sensations et le ressenti intérieur plutôt qu’un simple récit d’événements. Cette hypothèse sera vérifiée au fil des séances suivantes.
Le lien artistique : le portrait comme mise en scène de soi
Pour prolonger la séance, on peut comparer la couverture à d’autres portraits photographiques d’écrivains ou d’écrivaines, où le choix de la pose, de la lumière et du cadrage construit une image de l’auteur avant même la lecture. Une question guide la réflexion : que cherche-t-on à montrer, ou à cacher, dans un portrait d’auteur ?
La différenciation proposée
Cette séance intègre une différenciation concrète pour s’adapter à tous les élèves.
Pour les élèves fragiles, on fournit une grille d’observation de l’image déjà structurée, avec des catégories à remplir (couleurs, personnage, ambiance). Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées. Ils ajoutent une hypothèse sur le rapport au temps que le titre pourrait annoncer.
Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.
Et après cette séance 1 ?
Cette première séance a permis de formuler des hypothèses de lecture à partir du seul paratexte. Les élèves ont observé un titre sensoriel et une couverture évocatrice. La séance suivante confrontera ces hypothèses à la réalité du texte, en étudiant l’incipit de l’œuvre.
