Cette séance 4 sur Le Parfum des fleurs la nuit s’adresse aux classes de Terminale Bac Pro, dans le cadre de l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». Après avoir étudié l’incipit, cette séance propose une synthèse sur les pages 1 à 40 de l’œuvre. Il s’agit de prendre du recul pour identifier les différents temps qui se croisent dans le récit de Leïla Slimani.
L’extrait étudié
La séance porte sur l’ensemble des pages 1 à 40 (édition Folio, Gallimard, n°7073), déjà lues par les élèves. Ce passage mêle plusieurs strates temporelles : le temps présent de la nuit au musée, le temps du souvenir, et le temps de la réflexion sur l’écriture elle-même.
Cette confrontation de plusieurs temporalités répond directement à la question du programme. Un même texte peut-il faire coexister plusieurs rapports au temps ?
Les objectifs de la séance 4 sur le Parfum des Fleurs la nuit :
Cette séance poursuit plusieurs objectifs clairs :
- Prendre du recul sur un ensemble de pages déjà lues
- Distinguer les différents temps présents dans le récit
- S’exprimer à l’oral pour confronter ses analyses à celles d’un camarade
- Poursuivre le repérage du style de Leïla Slimani
Phase 1 : rappel de lecture (15 minutes)
La séance commence par un rapide sondage oral. On demande aux élèves de citer, sans relire, un moment ou une image qui les a marqués dans les pages 1 à 40. Ce recueil spontané permet de mesurer ce qui a retenu leur attention avant l’analyse plus fine.
Phase 2 : analyse guidée en binôme (50 minutes)
Les élèves travaillent en binôme sur les questions suivantes, du repérage vers l’interprétation :
- Relève un passage qui se déroule au présent, dans le musée. Que fait la narratrice à ce moment précis ?
- Relève un passage qui évoque un souvenir. À quelle période de la vie de la narratrice appartient-il ?
- Comment le texte passe-t-il d’un temps à l’autre ? Repère-t-on une transition nette ou un glissement progressif ?
- Pourquoi, selon toi, l’autrice choisit-elle de mêler ces différents temps plutôt que de les raconter séparément ?
Chaque binôme confronte ensuite ses réponses avec un autre binôme, avant une mise en commun collective. Cette confrontation permet d’enrichir les analyses individuelles.
Phase 3 : le point de langue sur les types et formes de phrases
Le point de langue porte ici sur les types et les formes de phrases, ainsi que sur la ponctuation. En effet, le passage d’un temps à un autre s’accompagne souvent d’un changement dans la construction des phrases.
On repère d’abord des phrases déclaratives et des phrases interrogatives dans l’extrait. On nomme explicitement ces types de phrases, ainsi que la forme négative lorsqu’elle apparaît. Il faut ensuite observer ensuite le rôle de la ponctuation, notamment les points de suspension, qui peuvent marquer une hésitation ou un basculement vers le souvenir. Les élèves relèvent enfin un exemple personnel de ce phénomène dans l’extrait.
Le fil rouge : le style de Leïla Slimani
Cette séance permet de consolider un trait de style déjà repéré : le texte navigue sans cesse entre plusieurs temporalités. On observe ici que ce mouvement n’est pas seulement thématique, il se marque aussi dans la construction des phrases et la ponctuation. Le style de l’autrice épouse ainsi le mouvement de sa pensée.
Le lien artistique : la mémoire fragmentée
Pour prolonger la séance, on peut évoquer des œuvres d’art qui représentent le temps de façon fragmentée ou non linéaire, comme certains collages ou films construits par flash-back. Une question guide la réflexion : pourquoi un artiste choisirait-il de casser l’ordre chronologique plutôt que de raconter les événements dans l’ordre ?
La différenciation proposée
Cette séance intègre une différenciation concrète pour s’adapter à tous les élèves.
Pour les élèves fragiles, les binômes sont constitués avec un élève plus à l’aise pour soutenir la lecture. Un tableau à deux colonnes, « présent » et « souvenir », leur est fourni pour organiser leurs repérages. Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées, avec une réflexion supplémentaire sur l’effet produit par ce mélange temporel sur le lecteur.
Enfin, pour tous, la restitution finale peut se faire à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.
Et après cette séance 4 ?
Cette séance a permis de prendre du recul sur les pages déjà lues et d’identifier les fils temporels du récit. La séance suivante reviendra à un extrait précis, avec la scène du gardien du musée, pour explorer une autre facette du temps : celle de la rencontre imprévue.
