Séance 3 Parfum des fleurs : écrire face au vide
Cette séance 3 sur Le Parfum des fleurs la nuit s’adresse aux classes de Terminale Bac Pro, dans le cadre de l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». Après l’incipit, cette séance s’arrête sur un moment de doute : la peur de ne rien avoir à raconter. Ce passage interroge un temps particulier, celui que l’on croit perdu quand l’inspiration ne vient pas.
L’extrait étudié
La séance porte sur l’extrait des pages 33 à 36 (édition Folio, Gallimard, n°7073), qui commence par « si je n’avais rien à raconter » et se termine sur « en cela je le rejoins ». Dans ce passage, la narratrice affronte la crainte de la page blanche et réfléchit à ce que signifie, pour un écrivain, ne rien avoir à dire.
Ce moment de doute pose une question centrale du programme. Le temps passé à chercher, sans résultat immédiat, est-il un temps perdu ou un temps nécessaire ?
Les objectifs de la séance
Cette séance poursuit plusieurs objectifs clairs :
- Comprendre l’angoisse de la page blanche évoquée par la narratrice
- Réfléchir à la valeur du temps qui semble improductif
- Repérer et reformuler les idées essentielles d’un texte réflexif
- Poursuivre le repérage du style de Leïla Slimani
Phase 1 : le vide comme point de départ (15 minutes)
La séance commence par une question simple posée à l’oral : t’est-il déjà arrivé de devoir écrire ou dire quelque chose sans savoir par où commencer ? Comment as-tu vécu ce moment ? Ce vécu personnel prépare la lecture de l’extrait.
Phase 2 : analyse guidée (50 minutes)
Après lecture de l’extrait, les questions sont posées progressivement, du repérage vers l’interprétation :
- Quelle crainte exprime la narratrice dans ce passage ? Relève une phrase qui la formule clairement.
- Comment réagit-elle face à cette peur de ne rien avoir à raconter ? Cherche-t-elle une solution, ou accepte-t-elle ce vide ?
- La narratrice évoque un autre écrivain ou une autre référence à qui elle se compare. Qui est-ce, et pourquoi cette comparaison ?
- Ce temps de doute est-il, selon toi, un temps perdu ou un temps utile à la création ? Justifie ta réponse avec le texte.
Ces questions amènent les élèves à nuancer l’idée reçue selon laquelle un temps sans résultat visible serait automatiquement un temps gâché.
Phase 3 : le point de langue sur la concordance des temps
Le point de langue porte ici sur la concordance des temps et les connecteurs logiques. En effet, la réflexion de la narratrice s’organise à travers un enchaînement précis d’idées et de temps verbaux.
On repère d’abord les connecteurs logiques présents dans l’extrait, comme « mais », « pourtant » ou « en cela ». L’idée est de nommer explicitement leur rôle : ils articulent la pensée et marquent les nuances du raisonnement. On observe ensuite la concordance des temps employée, notamment l’alternance entre présent de réflexion et passé composé ou imparfait pour évoquer des expériences passées. Les élèves relèvent enfin un exemple de connecteur et expliquent son rôle dans la phrase.
Le fil rouge : le style de Leïla Slimani
Cette séance enrichit encore le portrait stylistique de l’autrice. Le texte alterne ici entre une forme presque argumentative, avec des connecteurs logiques marqués, et une expression plus intime du doute. Ce mélange entre rigueur de la pensée et fragilité du ressenti est une nouvelle caractéristique du style de Slimani à noter au fil rouge de la séquence.
Le lien artistique : la peur de la création
Pour prolonger la séance, on peut évoquer d’autres artistes ayant évoqué la difficulté de créer, que ce soit en littérature, en peinture ou en musique. Une question guide la réflexion : le doute et la peur du vide sont-ils des obstacles à la création, ou peuvent-ils au contraire la nourrir ?
La différenciation proposée
Cette séance intègre une différenciation concrète pour s’adapter à tous les élèves.
Pour les élèves fragiles, on fournit l’extrait avec les connecteurs logiques déjà surlignés, ainsi qu’un lexique simplifié des mots liés au doute et à la création. Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées. Ils ajoutent une réflexion personnelle sur un moment où ils ont eux-mêmes dû surmonter un blocage face à une tâche à accomplir.
Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.
Et après cette séance 3 ?
Cette séance a permis de comprendre que le temps du doute n’est pas nécessairement un temps perdu. Les élèves ont observé comment la narratrice transforme son angoisse en réflexion féconde. La séance suivante élargira le regard en proposant une synthèse sur l’ensemble des pages 1 à 40, pour identifier les différents fils temporels qui traversent le récit.
