Rousseau promettait de tout dire. Marguerite Duras, elle, raconte sa jeunesse en écrivant « elle ». Cette séance explore Duras et l’autofiction : comment peut-on se raconter en se cachant ?
Elle constitue la troisième étape de notre séquence de Seconde Bac Pro « Écrire l’intime ». Après le pacte autobiographique, les élèves découvrent un auteur qui le brouille volontairement.
Autobiographie ou autofiction ?
La fiche s’ouvre sur un tableau comparatif. L’autobiographie et l’autofiction y sont mises face à face sur quatre critères : qui raconte, quel contrat avec le lecteur, vrai ou inventé, et un exemple. Ainsi, l’élève voit la différence d’un coup d’œil, et le lien avec Rousseau devient explicite.
Autrement dit, l’autofiction est une œuvre autobiographique déguisée en roman. L’auteur parle de lui, mais ne le reconnaît jamais.
Les repères pour comprendre L’Amant
Avant le texte, trois encadrés préparent la lecture. Le premier présente Marguerite Duras, née en 1914 en Indochine et prix Goncourt en 1984 pour L’Amant. Ensuite, le deuxième résume le roman : une jeune Française de quinze ans rencontre, sur un bac qui traverse le Mékong, un riche Chinois plus âgé.
Enfin, le troisième encadré pose un repère historique sur l’Indochine française. Il prévient aussi les élèves que le texte emploie des mots de l’époque coloniale, aujourd’hui datés. On les étudie donc comme le témoignage d’un regard passé.
Duras et l’autofiction : le déroulé de la séance
Situer la scène et caractériser les personnages
D’abord, deux questions font situer la scène : qui raconte, où et quand. Ensuite, un tableau guidé demande le nom, l’âge, l’apparence et l’origine de chaque personnage. Les élèves cherchent, ne trouvent pas toujours, et écrivent « non dit ». Ce vide prépare la suite de la séance.
Analyser la langue
Puis deux encadrés « Outil » définissent le champ lexical, puis le discours direct et indirect, avec des exemples. Les élèves relèvent alors le champ lexical de l’intimidation. Puis ils réécrivent une phrase au discours direct et comparent les deux versions.
Interpréter la distance
Enfin, trois questions mènent à l’interprétation. Quelle personne Duras emploie-t-elle ? Les personnages sont-ils nommés ? Quel effet produit cette distance sur le lecteur ? Deux coups de pouce aident les élèves qui bloquent, et un texte à trous clôt la séance.
Conseils pratiques
L’extrait de L’Amant n’est pas reproduit, car l’œuvre est encore protégée par le droit d’auteur. Un cadre pleine page est réservé dans la fiche : vous y insérez le passage de la rencontre sur le bac, tiré de votre édition. Par ailleurs, la fiche compte cinq pages et se prête bien à une séance de deux heures.
Télécharger la séance 3
Comme les précédentes, la fiche est prête à imprimer. Elle est gratuite et libre d’usage pour la classe.
Télécharger la séance 3 sur L’Amant de Marguerite Duras
Pour suivre la progression, revoyez la séance 2 sur Rousseau ou passez à la séance 4 sur Enfance de Nathalie Sarraute. Toutes les séances sont réunies sur la page de la séquence Écrire l’intime.
