Cette séance 6 sur Le Parfum des fleurs la nuit s’adresse aux classes de Terminale Bac Pro, dans le cadre de l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». La nuit au musée touche à sa fin. Cette dernière séance de lecture s’intéresse à la manière dont la narratrice quitte cette parenthèse et retrouve le monde ordinaire.
L’extrait étudié
La séance porte sur l’excipit de l’œuvre, des pages 146 à 149 (édition Folio, Gallimard, n°7073). Le passage commence par « je suis sortie si précipitamment » et se termine sur « j’aurais été heureuse ». Ces dernières lignes closent l’expérience de la nuit au musée.
La fin surprend par sa tonalité. Le mot « précipitamment » suggère un départ rapide, presque une fuite, tandis que la dernière phrase, au conditionnel passé, laisse une impression d’inachevé. Ce dénouement interroge la question du programme : une parenthèse de temps pour soi se referme-t-elle jamais complètement ?
Les objectifs de la séance 6 sur le Parfum des Fleurs la nuit :
Cette séance poursuit plusieurs objectifs clairs :
- Analyser la manière dont le récit se clôt
- Comprendre le sentiment d’inachevé qui traverse ces dernières pages
- Faire le bilan du parcours de la narratrice et de son rapport au temps
- Synthétiser les traits de style repérés tout au long de la séquence
Phase 1 : anticiper la fin (15 minutes)
Avant de lire l’excipit, on demande aux élèves d’imaginer comment cette nuit devrait se terminer. La narratrice sortira-t-elle transformée, soulagée, déçue ? Chacun formule une hypothèse à l’écrit, en une phrase. Ces prédictions seront confrontées au texte réel.
Phase 2 : analyse guidée (50 minutes)
Après lecture de l’excipit, les questions sont posées progressivement, du repérage vers l’interprétation :
- Comment la narratrice quitte-t-elle le musée ? Relève le mot qui décrit la manière de sa sortie.
- Quel état d’esprit se dégage de ces dernières lignes : satisfaction, regret, incertitude ? Justifie avec le texte.
- Observe la dernière phrase : « j’aurais été heureuse ». À quel temps ce verbe est-il conjugué ? Que suggère ce choix ?
- Cette expérience de solitude a-t-elle été bénéfique pour la narratrice ? Nuance ta réponse.
Ces questions amènent les élèves à percevoir l’ambiguïté de la fin. L’expérience n’apporte ni révélation spectaculaire ni déception franche, mais un entre-deux plus subtil.
Phase 3 : le point de langue sur le conditionnel passé
Le point de langue porte ici sur le conditionnel passé, un temps particulièrement révélateur dans cet excipit.
On observe d’abord la dernière phrase, « j’aurais été heureuse », et on nomme explicitement le conditionnel passé. On rappelle sa formation : l’auxiliaire au conditionnel présent suivi du participe passé. Puis on analyse sa valeur dans ce contexte. Ce temps exprime ici quelque chose qui aurait pu être mais n’a pas eu lieu, ou dont on n’est pas certain. Il installe donc un regret, ou du moins une hésitation. Les élèves construisent ensuite deux phrases personnelles au conditionnel passé pour s’approprier ce temps.
Le fil rouge : synthèse du style de Leïla Slimani
Cette séance clôt le fil rouge tenu depuis le début de la séquence. Au fil des extraits, la classe a repéré plusieurs traits caractéristiques. L’autrice mêle récit et réflexion, navigue entre présent et souvenirs, alterne rigueur du raisonnement et fragilité du ressenti. Elle sait aussi ouvrir son texte à d’autres voix, comme celle du gardien. Cet excipit ajoute une dernière nuance : le refus de conclure de façon nette, qui laisse le lecteur avec ses propres questions.
Le lien artistique : les fins ouvertes
Pour prolonger la séance, on peut évoquer d’autres œuvres qui se terminent sans résolution claire, au cinéma comme en littérature. Une question guide la réflexion : préfère-t-on une fin qui répond à toutes les questions, ou une fin qui laisse le lecteur ou le spectateur libre d’interpréter ? On peut demander aux élèves de citer un film ou un livre dont la fin les a laissés perplexes.
La différenciation proposée
Cette séance intègre une différenciation adaptée à chacun.
Pour les élèves fragiles, on fournit l’excipit avec les indices de temps et d’état d’esprit déjà surlignés, ainsi qu’un rappel écrit sur la formation du conditionnel passé. Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées. Ils ajoutent une réflexion sur ce que cette fin ouverte dit du rapport de l’autrice à sa propre expérience.
Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.
Et après cette séance 6 ?
Cette séance a permis de comprendre comment le récit se referme sur une note volontairement incertaine. Les élèves ont fait la synthèse du style de Leïla Slimani et du parcours intérieur de la narratrice. La prochaine étape sera l’évaluation finale, où ils confronteront cette œuvre à d’autres regards sur le temps et la mémoire.
