Cette séance 5 sur Le Parfum des fleurs la nuit s’adresse aux classes de Terminale Bac Pro, dans le cadre de l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». Alors que la narratrice pensait vivre une nuit de solitude totale, une présence vient interrompre son isolement : celle du gardien du musée. Cette rencontre imprévue interroge la notion même de temps pour soi.

L’extrait étudié

La séance porte sur l’extrait des pages 40 à 43 (édition Folio, Gallimard, n°7073), qui commence par « le gardien me fait faire » et se termine sur « avant de disparaître ». Dans ce passage, le gardien du musée apparaît et propose une forme de visite à la narratrice.

Cette irruption d’une présence extérieure vient bousculer le projet initial de solitude complète. Le temps pour soi peut-il rester intact quand une autre personne s’y invite ?

Les objectifs de la séance 5 sur le Parfum des Fleurs la nuit :

Cette séance poursuit plusieurs objectifs précis :

  • Analyser une scène de rencontre inattendue dans un récit de solitude
  • Étudier les procédés du dialogue et des paroles rapportées
  • Réfléchir à l’effet d’une présence extérieure sur un temps censé être solitaire
  • Poursuivre le repérage du style de Leïla Slimani

Phase 1 : anticiper la scène (15 minutes)

La séance commence par une question d’anticipation, avant la lecture de l’extrait. On demande aux élèves : si tu pensais être seul quelque part et qu’une personne apparaissait soudain, comment réagirais-tu ? Cette projection prépare la lecture de la rencontre avec le gardien.

Phase 2 : analyse guidée (50 minutes)

Après lecture de l’extrait, les questions sont posées progressivement, du repérage vers l’interprétation :

  1. Comment apparaît le gardien dans le récit ? Que propose-t-il à la narratrice ?
  2. Comment la narratrice réagit-elle à cette présence ? Est-elle dérangée, curieuse, les deux à la fois ?
  3. Relève un passage de dialogue entre la narratrice et le gardien. Que nous apprend-il sur chacun des deux personnages ?
  4. Cette rencontre remet-elle en cause l’idée d’un temps pour soi totalement solitaire ? Justifie ta réponse.

Ces questions amènent les élèves à comprendre que le temps pour soi n’est pas nécessairement un temps sans aucun contact avec autrui.

Phase 3 : le point de langue sur les paroles rapportées

Le point de langue porte ici sur les paroles et pensées rapportées, ainsi que sur le point de vue narratif.

On repère d’abord si les paroles du gardien sont rapportées au discours direct, avec des guillemets, ou de façon plus indirecte, résumées par la narratrice. On nomme explicitement le discours direct et le discours indirect, puis les apprenants observent l’effet de ce choix. Ensuite, les élèves identifient le point de vue adopté dans le passage : voit-on la scène uniquement à travers le regard de la narratrice ?

Le fil rouge : le style de Leïla Slimani

Cette séance apporte un nouvel éclairage sur le style de l’autrice. La rencontre avec le gardien introduit une voix extérieure dans un récit jusque-là centré sur l’intériorité de la narratrice. Ce choix montre que l’écriture de Slimani sait aussi s’ouvrir au dialogue et à l’altérité, sans pour autant abandonner sa dimension introspective.

Le lien artistique : la rencontre nocturne dans l’art

Pour prolonger la séance, on peut évoquer d’autres œuvres où une rencontre nocturne inattendue transforme le cours d’une histoire, que ce soit en littérature ou au cinéma. Une question guide la réflexion : une rencontre imprévue enrichit-elle toujours une expérience de solitude, ou peut-elle aussi la perturber ?

La différenciation proposée

Cette séance intègre une différenciation adaptée à chacun.

Pour les élèves fragiles, on fournit l’extrait avec les répliques de dialogue surlignées dans deux couleurs différentes, une pour chaque personnage. Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Les élèves plus à l’aide traitent toutes les questions. Ils ajoutent une réflexion sur ce que cette rencontre révèle du besoin humain de contact, même au cœur d’une expérience de solitude choisie.

Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.

Et après cette séance 5 ?

Cette séance montre que le temps pour soi peut être traversé par une présence extérieure sans perdre sa valeur. Les élèves ont analysé les procédés du dialogue et du point de vue. La séquence pourra se poursuivre en explorant d’autres facettes du parcours intérieur de la narratrice, notamment son rapport à la mémoire familiale.

Séance 1; Séance 2; Séance 3; Séance 4; Séance 6

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