Cette séquence Courir d’Echenoz arrive à son dénouement avec une séance 6 destinée aux Terminales Bac Pro. Après la récupération du champion par le régime, cette séance montre sa chute. Le corps d’Émile le lâche, et l’année 1968 marque sa disgrâce définitive. Pourtant, une forme de paix s’ouvre encore à lui. Cette fin éclaire pleinement l’objet d’étude « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». A noter que nous vous avions proposé une séquence complète mais moins détaillée, à cette adresse.

L’extrait étudié en séance 6

La séance porte sur les chapitres 16 à 19. On y suit d’abord le vieillissement du corps d’Émile et la fin de sa carrière sportive. Ensuite vient la disgrâce, après l’écrasement du Printemps de Prague par les chars soviétiques en 1968.

Le repérage de l’extrait va du moment où le corps devient un obstacle jusqu’à la mise à l’écart du champion. Un élément est essentiel : le retour de l’Histoire, qui broie de nouveau l’individu. Malgré cette déchéance, le programme officiel invite à étudier le lexique positif employé par Echenoz.

Les objectifs de la séance

Cette sixième séance poursuit des objectifs précis :

  • Comprendre la chute d’Émile et le retour de l’Histoire qui l’écrase
  • Analyser comment un autre temps pour soi s’ouvre malgré la déchéance
  • Observer la structure en boucle du roman
  • Interroger l’acceptation du temps qui passe quand le corps devient un ennemi

Phase 1 : la mise en route (15 minutes)

La séance commence par un rappel du parcours d’Émile. Il a d’abord subi son temps, puis l’a maîtrisé, avant de le voir confisqué. Une question de relance guide alors les élèves. Que reste-t-il d’un champion quand son corps le lâche et que le pouvoir le rejette ?

On entre ainsi dans la dernière étape de sa vie. Cette question prépare les élèves à saisir le sens profond du dénouement.

Phase 2 : l’analyse guidée (45 minutes)

Après la lecture, les questions sont proposées dans un ordre progressif :

  1. Pourquoi Émile doit-il arrêter la compétition ? Comment son corps a-t-il changé ?
  2. Que se passe-t-il en 1968 en Tchécoslovaquie ? Quelle conséquence pour Émile ?
  3. Après sa disgrâce, à quelles tâches Émile est-il réduit ?
  4. Malgré tout, Émile reste serein. Relève le lexique positif employé.
  5. En quoi la fin du roman répond-elle à la question de l’acceptation du temps ?

Ces questions conduisent les élèves de la simple compréhension vers une réflexion sur le sens. La dernière rejoint directement le thème de l’année.

Phase 3 : le point de langue sur la structure en boucle (30 minutes)

Le phénomène travaillé ici est la structure en boucle et la reprise. En effet, Echenoz construit son roman comme une course qui revient à son point de départ.

On compare d’abord la première phrase du roman, « Les Allemands sont entrés en Moravie », et celle du dernier chapitre, qui évoque l’invasion soviétique. Ensuite, on observe la reprise presque identique. On nomme alors explicitement la répétition et l’effet de boucle. Enfin, les élèves analysent le sens de ce procédé. L’Histoire semble se répéter, comme une course dans un stade. La vie d’Émile a-t-elle été linéaire, ou a-t-elle tourné en rond ?

Phase 4 : la trace écrite (15 minutes)

La séance se termine par un bilan construit avec la classe. Voici la trace écrite proposée :

À la fin de sa vie, Émile doit arrêter de courir : son corps ne suit plus. En 1968, après l’invasion soviétique, le régime le met à l’écart et le réduit à des travaux subalternes. Pourtant, Émile reste serein : un autre temps pour soi s’ouvre à lui. Echenoz construit son roman en boucle : l’invasion soviétique répond à l’invasion allemande du début. L’Histoire se répète et enferme l’individu, mais Émile trouve une forme de paix.

Le fil rouge : le bilan du style Echenoz

Cette séance clôt le travail sur le style, mené depuis le début. On rassemble donc tout ce qui a été observé au fil de la séquence. On retrouve l’ironie tendre, la phrase qui court, la comparaison mécanique et la distance face au mythe. S’y ajoute enfin la structure en boucle. Ensemble, ces éléments définissent le style d’Echenoz : une écriture à la fois légère, ironique et profondément travaillée.

Le lien avec la chronologie des trois temps

Pour terminer, on construit avec les élèves une chronologie du roman. Elle superpose trois temps différents.

  • Le temps de l’Histoire réunit les invasions et le Printemps de Prague.
  • Le temps sportif rassemble les grandes victoires.
  • Le temps personnel évoque la rencontre avec Dana et le mariage.

Cette synthèse visuelle est proposée par le programme officiel. Elle montre comment ces trois temps s’entremêlent et, souvent, s’opposent. Les élèves comprennent ainsi la richesse du rapport au temps dans le roman.

La différenciation proposée

Cette séance intègre une différenciation concrète et adaptée à chacun.

Pour les élèves fragiles, on fournit un extrait surligné, avec les deux phrases du début et de la fin placées côte à côte. Cette présentation facilite la comparaison. Ils traitent les questions 1, 2 et 3 pour bien comprendre la chute.

Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées. Ils analysent le lexique positif et rédigent une phrase de synthèse sur l’effet de boucle.

Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide particulièrement les élèves DYS ou allophones.

Et après cette séance 6 ?

Cette sixième séance clôt l’étude du roman. Émile a traversé tous les rapports au temps possibles, du temps subi au temps accepté. Les élèves disposent désormais de deux outils précieux : la fiche complète sur le style d’Echenoz et la chronologie des trois temps, à télécharger juste ici.

La fiche PDF

Séance 1; Séance 2;Séance 3; Séance 4; Séance 5

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