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Deux Hommes dans la ville, un film social

Je vous propose de découvrir un conseil cinéma qui parlera de deux monstres sacrés du cinéma français, Alain Delon et Jean Gabin, réunis pour la dernière fois dans « Deux Hommes dans la ville« , sorti en 1973. Réalisé par José Giovanni (qui était le scénariste de deux films précédents et notamment du « Clan des Siciliens » mettant en scène les deux acteurs), il raconte l’histoire d’un ancien truand, Gino Strabliggi, (A. Delon) aidé et soutenu par un éducateur au seuil de la retraite, Germain Cazeneuve (J. Gabin).

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Alors qu’il tente de se reconstruire après la mort de sa femme dans un accident de voiture, il est harcelé par un policier (incarné par Michel Bouquet) qui ne croit pas en sa réinsertion. Finalement, à bout de nerfs, Gino va le tuer et être condamné à mort après avoir essuyé un refus pour sa demande d’être gracié.

Ce film est admirablement mis en scène. Giovanni est lui-même un ancien malfrat qui a été condamné à la peine capitale en 1948 avant de voir sa peine allégée et commuée en 20 années de travaux forcés. Finalement il en sortira au bout de 8 grâce à l’intervention de son père. Dans cette histoire on retrouve la menace permanente de la peine de mort qui plane au dessus des condamnés, que cela soit Gino ou bien ses autres compagnons de cellule. On sent la tension qui existe dans les prisons de cette époque et le désespoir qui gagne les prisonniers, exploités dans les travaux qu’on leur demande de faire et victimes des brimades des gardiens ce qui les conduit parfois au suicide.

Les dialogues sont ciselés et permettent de saisir l’engagement social du réalisateur: que cela soit Gabin, ou Delon, les personnages expliquent tour à tour qu’un délinquant n’est ni plus ni moins que la victime d’un système qui broie ceux qui font des erreurs et qui laisse peu de place à la rédemption. L’éducateur explique notamment au commissaire qui ne croit pas que Gino se soit réellement rangé, qu’il doit se méfier de ne pas « recréer un criminel ». Finalement c’est ce qui se passera, en dépit de toutes les tentatives de Gino d’éviter ses anciens compagnons, de gérer sa colère etc.

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La fin du film est particulièrement saisissante avec le regard de Delon plein d’angoisse et de peur qui croise celui de Gabin, juste avant d’être guillotiné. Ce moment résume à lui seul le propos du film: un homme qui ne parvient pas à se sortir des erreurs de son passé et un autre, las, fatigué de voir la justice de son pays rester sourd à la souffrance de ceux qu’elle condamne aveuglément.

« Deux Hommes dans la ville » peut être exploité à travers des extraits notamment dans les niveaux de classe où l’on doit aborder la problématique de la peine de mort.

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