Cette séance 3 sur la comédie avance dans le projet de 5e sur le théâtre. Une comédie ne fait pas rire par hasard. La classe revient au Médecin malgré lui de Molière, à l’acte II, quand Sganarelle joue au faux médecin. Ce passage permet de comprendre les différents ressorts du rire.
Projet 5e : Rire et renverser — la comédie met le monde à l’envers
Problématique : Comment la comédie renverse-t-elle l’ordre social pour faire rire et réfléchir ?
Séance 3 sur 6. Voir le projet complet et les autres séances →
L’extrait étudié
On retient l’extrait où Sganarelle transformé malgré lui en médecin. Il invente un savoir qu’il n’a pas et parle un faux latin pour impressionner. Personne n’ose contester ce prétendu docteur.
Dans ces pages, le rire vient de plusieurs sources à la fois. Les mots, la situation et le comportement se combinent. Ce mélange répond à la problématique du projet sur le monde renversé.
Les objectifs de la séance 3 sur la comédie en 5e
Cette séance poursuit plusieurs objectifs précis :
- Distinguer les différents types de comique
- Repérer le comique de mots, de gestes, de situation et de caractère
- Comprendre l’effet de la répétition dans le rire
- Poursuivre le carnet du comédien
Phase 1 : pourquoi rit-on ? (15 minutes)
La séance commence par la lecture de l’extrait. On demande aux élèves de repérer le moment le plus drôle du passage. Cette entrée crée l’attention.
Après cette lecture, une question lance la réflexion : est-ce le personnage, la situation ou les mots qui font rire ? Les élèves commencent à trier.
Phase 2 : analyse guidée (30 minutes)
Vient ensuite l’analyse du texte. Les questions vont du repérage vers l’interprétation :
- Pourquoi Sganarelle se retrouve-t-il pris pour un médecin ?
- Quels mots inventés ou savants emploie-t-il pour tromper ?
- Quelles attitudes ou gestes rendraient la scène drôle sur scène ?
- En quoi Molière se moque-t-il des faux savants ? Justifie ta réponse.
Ces questions révèlent les ressorts du comique. Le rire naît des mots, du corps, de la situation et du caractère du personnage.
Phase 3 : le point de langue sur la phrase exclamative
Le point de langue porte ici sur la phrase exclamative et sur l’interjection. En effet, la comédie exagère les émotions pour faire rire.
On repère d’abord les phrases exclamatives et les petits mots comme « oh » ou « ah ». On nomme ensuite l’interjection et l’effet de la répétition. Les élèves lisent alors des répliques en jouant l’exagération. Ils comprennent que la ponctuation guide le ton comique.
Le fil rouge : le carnet du comédien
Le carnet accueille une nouvelle page : les ressorts du rire. Les élèves y notent le comique de mots, de gestes, de situation, de caractère et la répétition.
Cette page est précieuse pour l’écriture finale. Elle donne des outils concrets pour faire rire un public.
Le lien culturel avec le cinéma burlesque
Pour prolonger la séance, on regarde une courte scène de cinéma burlesque, comme celles de Charlie Chaplin ou Buster Keaton. On y voit le rire naître du corps et de la situation, presque sans paroles. Les élèves comprennent que le comique de gestes traverse les siècles et les arts.
La différenciation proposée
Cette séance intègre une différenciation adaptée à chacun.
Pour les élèves fragiles, on fournit un tableau des types de comique à relier à des exemples simples. Seules les questions 1 et 2 leur sont demandées. Pour les élèves plus à l’aise, toutes les questions sont traitées, avec le repérage de deux types de comique dans la scène.
Enfin, pour tous, la restitution reste au choix, à l’écrit ou à l’oral. Cette souplesse aide les élèves DYS ou allophones.
Et après cette séance 3 ?
Cette séance a montré comment naît le rire au théâtre. Les élèves savent nommer les ressorts du comique. La séance suivante étudiera la mécanique la plus efficace de la comédie : la ruse et le quiproquo.
