L’inconnue du quai de Javel est l’un des grands livres de cette rentrée. Philippe Jaenada y reprend une affaire criminelle vieille de soixante-quinze ans. Son enquête est si brillante qu’il parvient à résoudre ce que la police n’avait jamais élucidé.
L’inconnue du quai de Javel : un crime oublié de 1949
Dans la nuit du 6 au 7 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris. Elle a été étranglée. Elle n’a ni sac, ni papiers, ni chaussures. Ses cheveux sont humides. Manifestement, on l’a rhabillée à la hâte avant de la déposer là.
Le lendemain, elle est identifiée. Il s’agit de Louise Cansot, vingt-neuf ans, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Quatre suspects se détachent rapidement. Pourtant, l’inspecteur-chef Ferrière n’a pas le talent de Maigret. Au bout de six mois, il classe l’affaire sans avoir arrêté personne.
🔍 Jaenada a relu les soixante-quinze enquêtes de Maigret avant de se lancer, s’inspirant fidèlement des méthodes du commissaire fictif.
Une méthode d’enquête hors du commun
Soixante-quinze ans plus tard, Jaenada retrouve le dossier. Il reprend alors tout depuis le début. Comme à son habitude, il sollicite ses contacts aux archives, exhume chaque document, arpente tous les lieux. En somme, il remonte le temps.
L’originalité tient à son inspiration revendiquée. En effet, l’auteur a lu l’intégralité des romans de Simenon consacrés à Maigret pendant sa quête. Cette approche nourrit sa démarche et donne au livre son ton singulier. De plus, Jaenada mêle l’enquête à des digressions personnelles sur sa propre vie durant l’écriture. C’est sa signature.
Rendre un visage à une femme effacée
Au-delà de l’énigme, le livre poursuit un autre but. Jaenada s’attache à reconstituer la vie de Louise Cansot. Il raconte ses difficultés, son amour pour Claude, sa fille Nathalie, sa peur de perdre son logement. Ainsi, la victime cesse d’être un simple fait divers.
Cette démarche traverse toute l’œuvre de l’auteur. Lauréat du prix Femina en 2017 pour La Serpe, il s’est fait une spécialité des affaires criminelles oubliées. Toutefois, il ne cherche jamais le sensationnel. Au contraire, la critique salue un véritable plaidoyer féministe, servi par un humour décalé qui allège la gravité du propos.
Où et comment le trouver
L’inconnue du quai de Javel est paru le 12 août 2026 aux éditions Flammarion. Le livre compte 528 pages et coûte 23 euros. Une version numérique est également disponible à 15,99 euros. Attention toutefois : les nombreuses références à Simenon pourront dérouter les lecteurs qui ne connaissent pas Maigret. Cela n’empêche nullement d’apprécier l’enquête.
