La BD Nanbanjin de Matsumoto et Pedrosa : voilà l’album le plus attendu de la rentrée. Ce roman graphique paraît en septembre 2026 chez Dupuis, sous le label Aire Libre. Deux immenses auteurs y racontent la même histoire, chacun de son côté du livre. Un conseil lecture essentiel.
Nanbanjin de Matsumoto et Pedrosa : un livre qui se lit dans les deux sens
L’objet lui-même est déjà une prouesse. L’album compte près de 480 pages et possède une double couverture. D’un côté, on entre dans le récit par le sens de lecture occidental, signé Cyril Pedrosa. De l’autre, on l’aborde par le sens de lecture japonais, dessiné par Taiyō Matsumoto.
Les deux versions se rejoignent au milieu du livre. Ainsi, chaque auteur raconte la même histoire depuis son propre point de vue. En effet, les récits sont autonomes, mais ils se complètent et s’éclairent mutuellement. C’est un dispositif rare, presque unique dans l’histoire de la bande dessinée.
📖 Deux regards, deux cultures, un seul livre : Nanbanjin fait de sa forme même le cœur de son propos.
Une histoire de premier contact entre deux mondes
Le récit se déroule en 1543. À cette époque, le Japon reste une terre inconnue pour les Occidentaux. Fernando, un marin portugais, échoue sur une plage japonaise après un naufrage. Un ancien pêcheur le recueille. D’abord, les villageois se méfient de cet étranger. Puis, peu à peu, ils l’acceptent et l’apprécient.
Ce point de départ tout simple ouvre une réflexion profonde. En effet, l’album interroge notre regard sur l’inconnu. Comment perçoit-on l’autre ? Comment naissent les malentendus entre deux cultures qui se découvrent ? Par ailleurs, le choix des deux sens de lecture prend ici tout son sens. Chaque camp voit l’autre à sa manière.
Deux maîtres au sommet de leur art
Taiyō Matsumoto n’est pas n’importe qui. On lui doit des œuvres cultes comme Amer Béton ou Ping Pong, adaptées en animation et reconnues dans le monde entier. Son trait, sobre et malicieux, mêle codes japonais et influences franco-belges. De son côté, Cyril Pedrosa a signé des albums remarqués comme L’Âge d’or ou Portugal.
La rencontre de ces deux univers relève de l’événement. En effet, sept années ont été nécessaires pour mener ce projet à son terme. Les critiques saluent déjà une réussite graphique majeure. Toutefois, l’album demande un vrai temps de lecture : ce n’est pas une BD qu’on feuillette distraitement. C’est une œuvre dans laquelle on plonge.
Où et quand le trouver
Nanbanjin paraît en septembre 2026 chez Dupuis, au prix d’environ 49 euros. Deux éditions seront proposées : une version régulière et une édition limitée avec surjaquette et frontispice numéroté. L’album sera disponible en librairie et chez les libraires spécialisés BD. Vu l’ampleur du projet, mieux vaut le réserver à l’avance.
