Minotaure, le film de Zviaguintsev, sort en salles ce mercredi 14 octobre. Grand Prix à Cannes, il portera aussi les couleurs de la France aux Oscars.
Minotaure, le film de Zviaguintsev sur un homme qui s’effondre
Russie, 2022. Gleb est un chef d’entreprise prospère. Il vit dans une ville de province avec sa femme Galina et leur fils. En apparence, tout lui réussit.
Pourtant, les difficultés s’accumulent. Ses affaires vacillent, puis il découvre que sa femme le trompe. Dès lors, sa vie soigneusement construite se fissure et bascule dans la violence.
🐂 Un homme pris au piège de sa colère, comme le Minotaure enfermé dans son labyrinthe.
Un drame intime sur fond de guerre
Le titre n’a rien d’un hasard. Comme la créature du mythe, Gleb reste prisonnier de son propre labyrinthe : sa colère, son orgueil, son besoin de contrôle. Il ne trouve aucune issue.
Mais le film parle aussi d’un pays. La guerre en Ukraine reste en toile de fond, sans jamais être au premier plan. La chute d’un homme fait ainsi écho au délitement de toute une société. Selon certains critiques, Zviaguintsev se serait d’ailleurs librement inspiré de La Femme infidèle de Claude Chabrol.
Un film russe pour représenter la France
C’est le paradoxe qui fait parler. Minotaure est le film d’un cinéaste russe, et son histoire se déroule en Russie. Pourtant, c’est lui que la France a choisi pour l’Oscar du meilleur film international 2027.
L’explication est simple : le film est une coproduction internationale, portée côté français par CG Cinéma et MK2. Il a aussi reçu le soutien du CNC. Par ailleurs, Zviaguintsev a quitté la Russie et vit désormais en France. Tourné en Lettonie, Minotaure est son premier film réalisé en exil.
Pourquoi voir Minotaure au cinéma
Zviaguintsev compte parmi les grands noms du cinéma d’auteur. Il a remporté le Lion d’or à Venise dès son premier film, Le Retour, en 2003. Ensuite, Leviathan et Faute d’amour ont été primés à Cannes. Avec ce Grand Prix, il signe un retour très attendu, neuf ans après son dernier film.
Attention, toutefois : avec ses 2 h 20, Minotaure, le film de Zviaguintsev, se mérite. Lent, froid, parfois dérangeant, il s’adresse aux amateurs de cinéma exigeant. Mais ceux qui tentent l’expérience y repenseront longtemps après la séance.
