Avec JE, le roman de Lilia Hassaine ouvre la porte du grenier le plus célèbre de la littérature anglaise. Celle qu’on appelait « la folle » prend enfin la parole.

Le roman de Lilia Hassaine, l’autre côté de Jane Eyre

Dans Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë, Rochester cache un terrible secret. Sa première femme, Bertha, vit enfermée dans les combles de son manoir. On ne la voit presque jamais, et on ne l’entend jamais vraiment.

Lilia Hassaine a choisi de raconter son histoire à elle. Le récit est écrit à la première personne, d’où ce titre si fort : JE. Pour une fois, c’est donc la femme réduite au silence qui tient le stylo.

🔑 Et si la « folle du grenier » avait toujours eu quelque chose à dire ?

De la Jamaïque à l’Angleterre

Tout commence en 1831, en Jamaïque. Antoinette Cosway est une jeune créole orpheline, élevée par sa nourrice, Christophine. Un jour, on la marie à un aristocrate anglais : Edward Rochester.

Le couple part ensuite pour l’Angleterre. Là-bas, Antoinette perd peu à peu son identité. Son mari va jusqu’à la rebaptiser Bertha. La passion des débuts se transforme alors en emprise, puis en réclusion.

Un roman sur l’emprise et la domination

Derrière la réécriture, le livre parle d’aujourd’hui. Il décrit avec précision la mécanique de contrôle exercée par un homme sur sa femme. On comprend ainsi comment une personne peut être effacée, étape par étape.

Le roman aborde aussi d’autres thèmes forts : le racisme, l’abolition de l’esclavage et la toute-puissance masculine. Pourtant, il ne se lit jamais comme une leçon. La critique salue au contraire une écriture délicate et fluide, et de très belles descriptions de la Jamaïque.

Pourquoi lire le roman de Lilia Hassaine

Publié chez Gallimard, le livre compte 256 pages. Il a d’ailleurs figuré dans la première sélection du prix Goncourt 2026.

Pour les profs de français, c’est un support idéal pour travailler la réécriture et le point de vue. Pourquoi ne pas faire lire un extrait de Jane Eyre, puis le comparer avec ce roman de Lilia Hassaine ? Les élèves verront qu’une même histoire change complètement selon celui ou celle qui la raconte.

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