Le fabuleux piano de Sonia Devillers raconte l’histoire d’un instrument disparu, et à travers lui celle de milliers d’autres. Une enquête bouleversante, toujours en course pour le Goncourt.

Le fabuleux piano de Sonia Devillers, sur la trace d’un instrument volé

Tout part d’un piano : celui de la famille Enoch, éditeurs de partitions à Paris. Pendant l’Occupation, il disparaît. Sonia Devillers a voulu savoir ce qu’il était devenu.

Mais ce piano n’est pas un cas isolé. Des milliers de pianos appartenant à des familles juives ont été pillés à Paris, puis envoyés jusqu’aux confins du IIIe Reich. L’enquête révèle ainsi un pan méconnu de la spoliation.

🎹 Les nazis ont volé des vies, des maisons… et même la musique.

Ni tout à fait un roman, ni tout à fait un essai

Le livre mêle recherche historique et récit personnel. L’autrice fouille les archives, suit les pistes, reconstitue des trajectoires. Pourtant, on ne lit jamais un rapport froid.

Car elle raconte aussi sa propre démarche, ses doutes et ses découvertes. C’est ce mélange qui rend le texte si prenant. On avance avec elle, page après page, comme dans une véritable enquête.

Une histoire qui touche aussi l’autrice

Ce sujet résonne avec l’histoire de Sonia Devillers elle-même. Sa famille juive a dû fuir la Roumanie communiste en laissant derrière elle un piano, auquel sa grand-mère était restée très attachée.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’elle explore son passé familial. En 2022, elle avait déjà publié Les Exportés, chez Flammarion. Avec ce nouveau livre, elle montre combien un simple objet peut porter la mémoire de toute une famille.

Pourquoi lire Le fabuleux piano cet automne

Paru le 27 août chez Robert Laffont, le livre compte 288 pages. Il figure dans la deuxième sélection du prix Goncourt 2026, réduite à huit titres. Les quatre finalistes seront annoncés le 27 octobre, avant la remise du prix le 3 novembre.

Pour les lycéens, c’est une façon concrète d’aborder la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, à travers un objet du quotidien. Pour tous, Le fabuleux piano de Sonia Devillers rappelle que la mémoire se cache parfois là où on ne l’attend pas.

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